• Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Le supplicié 

    Je me consume sous tes yeux
    Comme un sorcier sur un bûcher
    Tu m'as immolé par le feu
    À ton intouchable beauté

    Aurais-je un jour offensé
    Un dieu sans compassion
    Pour avoir mérité
    La mort par combustion

    Je suis pendu à ton sourire
    Un nœud de corde autour du cou
    Tu peux m'étrangler ou bien pire
    Ouvrir la trappe sur le trou

    Mais que n'ai-je donc pas fait
    À ce dieu sans pardon
    Qui m'envoie au gibet
    Pourrir à Montfaucon

    Je m'écartèle sur ton corps
    Lié aux quatre coins du lit
    Tu as décidé de mon sort
    M'as condamné au pilori

    Qui est ce dieu sans pitié
    Est-il devenu fou
    Suffirait-il d'aimer
    Pour encourir la roue

    Je vis cloué à tes caresses
    À tes fourches patibulaires
    Du bout des ongles tu me laisses
    Les bras en croix rue du Calvaire

    Quel est le mode d'emploi
    De ce dieu sans merci
    Mais Dieu n'existe pas
    Mais Dieu n'existe pas
    C'est lui qui me l'a dit 


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi         Avec la voix de Fati

    Partir

    Prendre le train et dire adieu à sa jeunesse
    Jeter la clé du coffret de ses souvenirs
    Sans un regret fermer les yeux sur les promesses
    Et les espoirs d’un insaisissable avenir

    Et puis partir
    Et puis partir

    Tout effacer jusqu’aux témoins de ses victoires
    Tout pardonner même ce qui ne compte pas
    Tirer un trait sur ses moindres rêves de gloire
    Sans s’accrocher à ce qui ne résiste pas

    Et puis partir
    Et puis partir

    Chercher plus loin pour oublier un jour peut-être
    Qu’on aime en vain depuis bien trop longtemps déjà
    Brûler sa vie en la faisant soudain renaître
    Apercevoir d’autres saisons entre ses doigts

    Et puis partir
    Et puis partir

    Tarir sa peur en contemplant un ciel d’orage
    Et réapprendre à se coucher près d’un ruisseau
    Calmer sa faim quelques instants ou davantage
    Courir le vent comme la voile d’un bateau

    Et puis partir
    Enfin partir
    Ou bien mourir


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Ton ombre

    Quand tu me reconduis jusqu'à ta porte
    Quand tu l'as refermée sur moi ta porte
    Je reste au garde-à-vous devant ta porte
    Comme si tu allais la rouvrir cette porte

    Je lève mon regard sur ta fenêtre
    Et comme une paupière à ta fenêtre
    Se ferme ton rideau sur ta fenêtre
    Je sais que tu t'endors quand s'éteint ta fenêtre

    Être ton ombre
    Et vivre au fil de toi en glissant sur ta route
    Être ton ombre
    C'est tout ce que je veux sans l'ombre d'un seul doute

    Quand tu as des ennuis ou de la peine
    Je tente d'apaiser ton âme en peine
    Si je n'y parviens pas j'ai de la peine
    Et c'est toi qui me prends dans tes bras pour la peine

    Tu déguises ta vie en belle histoire
    J'écoute jusqu'au bout ta folle histoire
    Mais il manque un chapitre à ton histoire
    Car tu ne parles pas de moi dans cette histoire

    Être ton ombre
    Et ne peser sur toi pas plus qu'un brin de paille
    Être ton ombre
    C'est tout ce que je veux sans l'ombre d'une faille
    Vaille que vaille


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Chez toi

    Pour entrer chez toi
    Il fallait trouver le sentier
    Grimper à l'assaut d'un rocher
    Et enfin se déshabiller
    Mais ce n'était pas
    Pour plus d'originalité
    C'est qu'il nous fallait traverser
    La cascade

    Elle tombait devant chez toi
    Comme un rideau de perles d'eau
    Qui ne se tirait certes pas
    Qu'on passait en courbant le dos

    Parvenus chez toi
    On s'étendait devant le feu
    Et tout en séchant peu à peu
    On caressait tes chats frileux
    On ne parlait pas
    C'était devenu presque un jeu
    Arbitré par le rythme de
    La cascade

    Tu t'offrais doucement à nous
    Qui ne formions plus qu'un seul corps
    Lame de fond sur sable doux
    Tu nous aimais jusqu'à l'aurore

    Au petit matin
    On rallumait le feu de bois
    On buvait un verr' de lait froid
    En riant de n'importe quoi
    Mais c'était la fin
    D'un monde qu'on laissait chez toi
    Qui se terminait chaque fois
    En cascade

    Je n'ai jamais su retrouver
    Le chemin qui mène chez toi
    Mais ce parfum de bois mouillé
    Je ne l'ai pas rêvé je crois

    Non je n'ai jamais su retrouver
    Le chemin qui mène chez toi
    Mais ce parfum de bois mouillé
    Je ne l'ai pas rêvé je crois


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Faits l'un pour l'autre

    Je me souviendrai toujours
    De ce soir tant attendu
    Où l'on t'a donné à moi
    Petit garçon sans amour
    Tu avais les yeux battus
    Il m'a fallu bien des mois
    Pour calmer ton désarroi

    Je ne savais comment faire
    Pour obtenir un sourire
    Un seul mot tendre de toi
    Petit garçon solitaire
    Rien ne te faisait plaisir
    Tu paraissais loin de moi
    Même blotti dans mes bras

    Toi l'enfant venu sur terre
    Sans qu'on t'ait voulu vraiment
    Moi qui me rêvais le père
    De presque tous les enfants
    Nous étions faits l'un pour l'autre
    Je t'ai appris le bonheur
    Nous étions faits l'un pour l'autre
    Tu m'as rajeuni le coeur

    Comme un chiot abandonné
    Que l'on recueille en passant
    Tu t'es chauffé à mon feu
    Petit garçon mal-aimé
    Apprivoisé doucement
    Il me semble par moments
    Que tu me ressembles un peu

    Toi l'enfant en mal de père
    Moi le père en mal d'enfant
    Toi l'inopportun sur terre
    Nous nous espérions pourtant
    Nous étions faits l'un pour l'autre
    Tu m'as offert le bonheur
    Nous étions faits l'un pour l'autre
    Et ne formons qu'un seul coeur


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Veux-tu être mon ami d’enfance
    Le mien c’est bien trop mal conduit
    N’a pas donné signe de vie
    Ne m’a pas suivi jusqu’ici

    Je te dirai le ciel qui m’a vu naître
    Les matins bleus dans le jardin douillet
    Les mots naïfs de tes précieuses lettres
    Quand tu partais pour le mois de juillet

    Je te dirai nos jeudis pigeon-vole
    Nos yeux gourmands à l’instant du goûter
    Les punitions et le maître d’école
    Qui sentait l’encre et l’éponge mouillée

    Veux-tu être mon ami d’enfance
    Celui qui ne m’a pas quitté
    Qui a grandi à mes côtés
    Mais m’a toujours un peu manqué

    Je te dirai les chaudes promenades
    Dans les rochers au-dessus de chez moi
    Les doigts noircis par le jus de grenade
    Les cris des filles et nos premiers émois

    Je te dirai nos fâcheries faciles
    Nos beaux détours pour nous réconcilier
    L’oreille en feu et la main malhabile
    Sous les draps frais des troubles nuits d’été

    Veux-tu être mon ami d’enfance
    Celui qui défiera l’oubli
    Qui réinventera nos vies
    Nos souvenirs à l’infini

    Dis, tu veux bien


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  • Paroles : Marceau Piana        Musique : Michel Pierozzi 

    La truie

    J’avais la chevelure blonde
    La taille souple et les yeux gris
    Je ne connaissais rien du monde
    Quand on m’a donné un mari

    Je fus heureuse quelques jours
    Comblée une poignée de nuits
    Et puis j’ai guetté son retour
    Tant d’années ont passé depuis

    Première femme du sultan
    Sa confidente et son amie
    Je viens de fêter mes trente ans
    Mais suis bien trop vieille pour lui

    Ce n’est pas que ça me dérange
    Je suis lasse et docile aussi
    Désabusée je bois je mange
    Et suis plus grasse qu’une truie

     J’ai pourtant été la plus belle
    Des pucelles de mon pays
    Mais ne ressemble plus à celles
    Qui ont les honneurs de son lit

    Il a déjà dix-huit épouses
    La dernière est plutôt jolie
    Je n’ai jamais été jalouse
    À cela rien n’aurait servi

    Je règne sur tout le harem
    J’initie les autres à l’amour
    Les apprête comme il les aime
    Mon héro m'en sait gré toujours

    Je m’endors auprès d’un eunuque
    Me pelotonne contre lui
    Et c’est son souffle sur ma nuque
    Qui me maintient encore en vie

    Et c’est son souffle sur ma nuque
    Qui me maintient encore en vie


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    La déception

    L’air était figé
    Le sable noir
    La mer calmée
    Rampait sous les reflets du soir

    Au creux d’un bateau
    Abandonnés
    Les pieds dans l’eau
    Ils regardaient le ciel tomber

    Et toi tu m’écoutes
    Les yeux fermés
    Et toi tu m’écoutes
    Chanter


    Au cœur de la nuit
    Comme des fleurs
    Au fond d’un puits
    Perlaient des gouttes de couleur

    Ils dormaient déjà
    Quand la marée
    Les emporta
    Vers des lointains d’éternité

    Et toi tu m’écoutes
    Presque attendrie
    Et toi tu m’écoutes
    Merci


    Le matin gelé
    Sous son manteau
    S’est ébroué
    En mille éclats de cris d’oiseaux

    Ils ont disparu
    À l’horizon
    On ne vit plus
    Qu’une nuée de papillons

    Et toi tu m’écoutes
    Un peu perdue
    Et toi tu m’écoutes
    Déçue


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi 

    Un monde pour moi

    Il me faut une grosse maison
    Avec des murs épais pour les quatre saisons
    Un refuge ignoré des regards
    Tapi dans la nature et cerné de remparts

    Un chemin de créneaux sur le toit
    Échauguette par-ci poivrière par-là
    Ce n'est pas que j'aie peur des voleurs
    Mais je fuis les curieux et les envahisseurs

    Et toujours sur mes talons
    Caressants et secrets de grands chiens sauvageons
    Une horde mouvante et vigilante aussi
    Tenace comme une ombre attentive à ma vie
    Des barzoïs généreux des sloughis fiers et droits
    Des lévriers afghans un monde fait pour moi 

    Il me faut une vieille maison
    De tourelles flanquée pour les quatre horizons
    Des recoins des couloirs dérobés
    Rassurant labyrinthe aux détours familiers

    Des gemmaux aux fenêtres surtout
    Irisant les plafonds aux poutres d'acajou
    Des divans des coussins rembourrés
    Un parquet mosaïque et des lambris cirés

    Et toujours sur mes talons
    Protecteurs et discrets de grands chiens pharaons
    Des compagnons de jeux et des gardes du corps
    Fidèles comme une ombre attentive à mon sort
    Des barzoïs généreux des sloughis fiers et droits
    Des lévriers afghans un monde fait pour moi


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    La reine de coeur

    Ton cœur est agile
    S’accorde tous les droits
    Jongleur et habile
    Il se moque de toi
    Il fait l’imbécile
    Te file entre les doigts

    La reine est folle du roi
    Le roi est fou du fou
    Moi je suis fou de toi
    Toi tu te fous de tout

    Ton cœur est agile
    Il faut le voir jouer
    Véloce et gracile
    Dans son jardin privé
    Il semble inutile
    De vouloir le dompter

    La reine est folle du roi
    Le roi est fou du fou
    Moi je suis fou de toi
    Toi tu te fous de tout

    Ton cœur est agile
    Lorsqu’il s’agit d’aimer
    Rien n’est plus fragile
    Que sa fidélité
    Dans sa tour d’argile
    Il fait des pieds de nez

    La reine est folle du roi
    Le roi est fou du fou
    Moi je suis fou de toi
    Toi tu te fous de tout

    Ton cœur est agile
    Il saute par-dessus
    Les toits de la ville
    Funambule et sans but
    Ce n’est pas facile
    Quand le vertige est là
    Ton cœur est agile
    Plus à Gilles qu’à moi


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Incrédulité 

    Je n'ai pas voulu croire
    Que je t'aimais
    Je n'ai pas voulu croire
    Que je t'aimais
    Je trouvais ça pesant
    Hâtif et encombrant
    Sans le savoir
    J'étais encore enfant

    Je n'ai pas voulu croire
    En ton amour
    Je n'ai pas voulu croire
    En ton amour
    Je trouvais ça choquant
    Baroque et déroutant
    Pourquoi prévoir
    Nous avions bien le temps

    Je n'ai pas voulu croire
    Que tu partais
    Je n'ai pas voulu croire
    Que tu partais
    Je trouvais ça frustrant
    Injuste et insultant
    Dans cette histoire
    Je jouais les perdants

    Je n'ai pas voulu croire
    En ton retour
    Je n'ai pas voulu croire
    En ton retour
    Je trouvais ça troublant
    Facile et fatigant
    Malgré l'espoir
    Je demeurais méfiant

    Je n'ai jamais pu croire
    En rien du tout
    Je n'ai jamais pu croire
    En rien du tout
    Je trouve ça navrant
    Stérile et méprisant
    Il est trop tard
    Je le crois maintenant


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi          En duo avec Eloïse

    L'ivraie

    Où es-tu
    Je te cherche partout
    Par les rues
    Les dos-d'âne et les trous

    Je suis là
    Mais tu ne me vois plus
    C'est bien moi
    Aurais-tu la berlue

    Si tu m'aimes
    Ne te trompe pas de graine
    Si tu sèmes
    La récolte est incertaine

    Que fais-tu
    Mon miroir transparent
    Pleures-tu
    Derrière un paravent

    Je souris
    J'étrangle mes poupées
    Aucun cri
    Ne leur a échappé

    Si tu m'aimes
    Ne te trompe pas de graine
    Si tu sèmes
    La récolte est incertaine

    M'entends-tu
    Je vais grincer des dents
    J'ai perdu
    Quelque part nos enfants

    Calme-toi
    Je les avais rangés
    Tous les trois
    Dans un coin du grenier

    Si tu m'aimes
    Ne te trompe pas de graine
    Si tu sèmes
    La récolte est incertaine

    Où vas-tu
    De ce pas victorieux
    Te crois-tu
    Protégée par les dieux

    Je descends
    Dire adieu à mon chat
    Sois patient
    Je ne reviendrai pas


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    La fossoyeuse

    Elle me cache son visage
    Sous un masque de tragédie
    Et je ne sais pas davantage
    Pourquoi c’est moi qu’elle a choisi

    Elle est toujours là qui me guette
    Me pince et me fait trébucher
    Souvent sur moi elle se jette
    M’étreint au point de m’étouffer


    Elle exige que je m’attarde
    Sur sa poitrine décharnée
    Et si un soir je n’y prends garde
    L’aube me réveille à ses pieds

    Elle inocule dans mes veines
    Des poisons qu’elle a concoctés
    Me paralyse et puis m’entraîne
    À courir mille et un dangers


    J’ai beau implorer sa patience
    Je sens qu’elle viendra bientôt
    À bout de mes moindres défenses
    Ses ongles me griffent le dos

    Ses volontés me désarçonnent
    Je ne tiens presque plus debout
    Mais sa voix funèbre m’ordonne
    De ne pas plier sous ses coups


    Vous êtes laide et famélique
    Avide et pitoyable aussi
    Il est trop tôt pour que j’abdique
    Allez voir ailleurs si j’y suis

    Ne me poussez pas vers l’abîme
    J’aime la vie ouvrez les yeux
    Il y a tant d’autres victimes
    Qui ne demanderont pas mieux


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Le chardon et la fleur de coton

    Le petit vieux n’a pas vingt ans
    Il se suicide tout le temps
    Et s’ennuie à longueur de jour
    Il manque d’air et puis d’amour
    La fillette a quatre-vingts ans
    Elle renaît à chaque instant
    Ses jours lui paraissent trop courts
    Cousus de joie tissés d’amour

    Dans une prairie voisine
    Poussait un tendre chardon
    Qui tenait dans ses épines
    Une vraie fleur de coton
    Sur le flanc de la colline
    Dans le plus total abandon

    Le vieil enfant fume le cigare
    Boit des cocktails un peu bizarres
    Il a deux rides entre les yeux
    Ses lendemains ne sont pas bleus
    La jeune vieille aime les pralines
    Boit du sirop de grenadine
    Ses joues se plissent quand elle rit
    Ses rêves ne sont jamais gris

    Dans une prairie voisine
    Poussait un tendre chardon
    Qui serrait dans ses épines
    Une vraie fleur de coton
    Oubliés par les machines
    Epargnés par les fenaisons

    Lui la regarde s’amuser
    Tandis qu’elle a le dos tourné
    Et ferme les volets sans bruit
    Dès qu’elle s’endort sur le tapis
    Elle redoute de lui manquer
    Pourtant ça ne saurait tarder
    Et voudrait qu’il se lasse avant
    Qu’elle ne s’éteigne doucement

    Dans une prairie voisine
    Poussait un tendre chardon
    Qui griffait de ses épines
    Un cœur de fleur de coton
    Tout le reste on le devine
    N’est que pure imagination


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi / Marceau Piana

    Le lit

    Je rêvais dans ton lit
    Mais les yeux grands ouverts j'écoutais le silence
    Sur l'oreiller meurtri
    J'épargnais de ton corps la fragile fragrance
    C'était doux
    C'était bon
    C'était fou
    J'épelais ton prénom
    J'épelais ton prénom

    Je parlais dans ton lit
    Pourtant j'avais perdu le goût de l'éloquence
    Dans les plis de ton lit
    Je flânais sur les quais des bateaux en partance
    Tout peureux
    Tout petit
    Tout frileux
    Je poursuivais l'oubli
    Je poursuivais l'oubli

    Je marchais sur ton lit
    En méandres confus j'empruntais ton sillage
    Sur les draps de ton lit
    Mes doigts recomposaient les traits de ton visage
    Plus charmant
    Plus parfait
    Plus aimant
    Qu'il ne le fut jamais
    Qu'il ne le fut jamais

    J'habitais dans ton lit
    Il flottait dans la chambre un air d'invraisemblance
    Ni le temps ni la vie
    N'ont su apprivoiser le néant de l'absence
    Il fait gris
    Il fait froid
    Il fait nuit
    Je m'endors... attends-moi
    Attends-moi


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Je sais très bien madame

    Je sais très bien ce qui me hante
    Depuis qu’elle nous a présentés
    C’est vrai votre fille est charmante
    Mais elle n’a pas votre beauté
    Moi qui ne vivais que pour elle
    Je me croyais très amoureux
    Je ne savais pas qu’auprès d’elle
    Sa mère avait de plus beaux yeux

    Madame
    Je ne sais pas si je dois vous le dire
    Vous écrire ou ne rien faire du tout
    Madame
    Quoi qu’il en soit reprenez votre fille
    Bien gentille
    Mais celle que j’aime c’est vous

    Je sais très bien ce qui m’obsède
    Depuis que l’on s’est rencontré
    Votre fille a les cheveux raides
    Vous avez des boucles dorées
    Je vous recherche sur sa bouche
    Je vous retrouve avec ses doigts
    Et chaque fois que je la touche
    Je m’imagine entre vos bras

    Madame
    Je ne sais pas si je dois vous le dire
    Vous écrire ou ne rien faire du tout
    Madame
    Quoi qu’il en soit reprenez votre fille
    Bien gentille
    Mais celle que j’aime c’est vous

    Je sais très bien pourquoi j’hésite
    Depuis que je vous ai connue
    Votre fille a grandi trop vite
    Et ne vous ressemblera plus
    Vous avez la voix des sirènes
    Qui peuplaient mes rêves d’enfant
    La tendre fraîcheur des fontaines
    La douceur des blés sous le vent

    Madame
    Je ne sais pas si je dois vous le dire
    Vous écrire ou ne rien faire du tout
    Madame
    Quoi qu’il en soit reprenez votre fille
    Bien gentille
    Mais celle que j’aime c’est vous


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi / Marceau Piana

    Mozabite

    Mozabite
    À croupetons dans ta gandoura qui se mite
    Tu médites
    Les murs de ta pauvre chambre d’hôtel s’effritent
    Malgré le papier peint jonché de marguerites
    Sans limite
    La solitude a fait de toi un vieil ermite
    Qui se contente des litanies qu’il débite


    Mozabite
    Tu t’es perdu dans cette France où tu habites
    Dans ta fuite
    Cramponne-toi toujours à l’espoir qui t’abrite
    Ton oasis en plein désert que tu mérites
    Tu hésites
    Ce que les gens t’ont raconté n’était qu’un mythe
    Tu la voyais tout autrement ta réussite


    Mozabite
    Sur ton lit où chaque soir tu te précipites
    Tu t’agites
    Tu fais le tour de tes amours bien insolites
    Brèves étreintes qui ne sont jamais gratuites
    Tu invites
    Cette matronne ou cet éphèbe parasites
    Qui jouent le jeu de la tendresse et qui te quittent


    Mozabite
    Ne reste pas dans cet univers hypocrite
    Rentre vite
    Prends ton burnous ta gargoulette de terr’ cuite
    Pense au gourbi où Yasmina te ressuscite
    Tout de suite
    Avant que ta joie d’exister ne soit détruite
    Gardaïa c’est plus riant que Maisons-Laffitte


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Le défi de Fátima 

    Fátima joue comme une eau pure
    Juste à côté de sa source
    Parmi le frais murmure
    D'un ruisselet dans sa course
    Plus bleu qu'un bel été
    Qui réchauffe ses voyages
    Son regard étonné
    Ne prévoyait pas l'orage

    Fátima au pied de son lit
    Veille un rêve qui la hante
    Brindille qui s'ennuie
    Sous les vieux trembles qui chantent
    Feuille verte à l'endroit
    Mais à l'envers feuille blanche
    Sa candeur quelquefois
    Au bord du gouffre se penche

    Fátima enfant au soleil
    N'avait jamais peur du noir
    Et son cœur en éveil
    Refusait de perdre espoir
    Elle aimant tant déjà
    Pas plus haute que trois pommes
    En tenue de combat
    Lancer un défi aux hommes

    Fátima oublie ses querelles
    Au creux d'une fille sage
    Qui bâtit autour d'elle
    La plus béante des cages


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  • Paroles : Marceau Piana       Musique : Michel Pierozzi

    Si j'étais une femme

     

    Je ne sais pas ce qui se passe
    Je ne me reconnais pas bien
    Dans ce visage que la glace
    M’a fait découvrir ce matin
    Jusqu’à présent c’était facile
    D’éluder la moindre question
    Pourtant notre amitié virile
    Vient de se révéler passion

    Si j’étais une femme
    Je le captiverais
    Par envoûtements ou philtres secrets
    Si j’étais une femme
    Il m’ aimerait déjà
    Et ne pourrait plus s’éloigner de moi

    Je n’ai pas été longtemps dupe
    De cet amour irrationnel
    Cet élan qui me préoccupe
    N’a vraiment rien de fraternel
    J’ai pulvérisé les barrières
    Qui m’auraient sevré de ses bras
    Les interdits et les frontières
    Ont soudain volé en éclats

    Si j’étais une femme
    Je connaîtrais le poids
    De son corps nu et de ses mains sur moi
    Si j’étais une femme
    Je n’hésiterais pas
    Messaline et Pénélope à la fois

    Maintenant c’est lui qui résiste
    Donne et reprend pour mieux donner
    Si je me fais rare il insiste
    Enquête sur ma vie privée
    Je sens que mon regard le gêne
    Et qu’il en est aussi flatté
    Il ne dit rien qui me retienne
    Mais il voudrait bien me garder

    Si j’étais une femme
    J’apaiserais sa peur
    Maîtresse ou mère au gré de son humeur
    Oui mais si j’étais femme
    Je ne tarderais pas
    À le quitter pour la voisine……. d’en bas


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